Retards de paiement des entreprises : la répression, ça marche ?

Pour cette première étude, GOODPayeur ® vous propose d’observer les comportements de paiement de toutes les entreprises qui ont subi le name & shame de la part des institutions, suite à une condamnation pour mauvaises pratiques de paiement et d’en tirer une analyse avant d’identifier les solutions qui pourront permettre de contracter les délais de paiement.

C’est en 2015, que le Président de la République Emmanuel MACRON, alors Ministre de l’économie, a initié la pratique du name & shame, en diffusant les noms de cinq entreprises coupables de mauvaises pratiques de paiement. Depuis, la pratique s’est structurée et intensifiée et il est possible de retrouver la publication des dernières condamnations sur le site de la DGCCRF.

Quelle méthodologie a été employée dans cette étude sur les comportements de paiement ?

Nous avons d’abord collecté toutes les condamnations publiées, triées par année, dans notre base de données GOODPayeur ®. Cette étude porte donc sur un échantillon de 110 structures condamnées et ayant subi du name & shame.

Nous avons ensuite tiré tous les rapports sur les comportements de paiement de ces entreprises entre les 19 et 20 septembre 2018. Dans ces rapports, nous avons isolé le score GOODPayeur ®, car celui-ci pouvait souffrir d’un malus, ne prenant pas encore en compte les améliorations entreprises par les sociétés et associations condamnées.

Il s’agissait de garder 4 données principales, hormis la date de condamnation :

  • La validation d’un échantillon de factures suivies suffisant sur nos outils (dépendant de la taille de la structure concernée)
  • Le pourcentage de ces factures payées dans le respect des délais de paiement
  • Le retard moyen de paiement en jours
  • L’éventuelle défaillance financière de la structure

Il faut noter une double limite importante à cette méthodologie :

  1. Le faible échantillon de condamnations oblige à ne pas répartir les sujets étudiés par date de condamnation
  2. Cela conduit à analyser des comportements postérieurs de 3 ans, 2 ans, 1 ans ou quelques mois et semaines à la condamnation…

Toutefois, malgré ces limites, il est possible de dégager des tendances qui illustrent la pluralité des entreprises concernées par les condamnations et publications de ces condamnations pour mauvaises pratiques de paiement par la DGCCRF.

Quels sont les comportements de paiement des entreprises condamnées pour mauvaises pratiques de paiement ?

Avant d’essayer d’identifier les effets à proprement parler des publications des condamnations, il convient d’énumérer les faits qui ressortent au moment de la collecte des données. Cependant, nous pouvons dores et déjà nuancer la limite relative aux dates de condamnation, la durée de la période postérieure à la publication de la condamnation n’a que peu d’influence sur la répartition des comportement dans les échantillons étudiés, en effet, on retrouve quasiment une égale répartition des comportements que la condamnation ait eu lieu en 2015 ou il y a quelques semaines en 2018.

Sur 110 entreprises concernées :

  • Les entreprises concernées sont de toutes tailles.
  • 19 présentent aujourd’hui une défaillance ou un risque de défaillance.
  • 51 entreprises ont un comportement plutôt positif avec une moyenne de retard en dessous de la moyenne française (ici nous avons choisi le palier de 10 jours), 48% des factures sont payées dans les temps. Dans cet ensemble concernant les entreprises ayant mis en place des actions vertueuses, 7 d’entre elles présentent un risque de défaillance (dont certaines condamnées en 2018).
  • Sur ces 51 entreprises, 12 semblent avoir globalement structuré leur process de paiement pour éviter les retards (pour arriver à un retard moyen de paiement de 0), mais sur les 12, une, semble être en situation de fragilité financière.

Toutefois il semble y avoir des mauvais élèves :

Sur l’échantillon, 44 entreprises ont un un retard moyen de paiement supérieur à 10 jours, pouvant aller jusqu’à 76 jours (!) pour une moyenne de 26 jours. Sur ces 44 entreprises, 8 rencontrent des difficultés financières.

Quelle analyse pouvons-nous faire de l’observation des comportements de paiement des entreprises condamnées pour mauvaises pratiques de paiement ?

Nous pouvons observer des tendances voire des réalités à travers les données accessibles grâce aux publications de la DGCCRF et à travers les outils GOODPayeur ® :

  • Il n’y a pas de profil type de l’entreprise ayant subi (méritant) un name & shame dans ce contexte de retards de paiement.
  • Ce ne sont pas uniquement les grandes entreprises qui sont concernées.
  • Certaines des entreprises condamnées sont des PME en situation de fragilité de financière.
  • La condamnation et le bouleversement dans les processus de paiement, ont pu conduire certaines entreprises à rencontrer des difficultés.
  • Presque la moitié des entreprises condamnées a réussi à solutionner leur mauvais comportement de paiement.

Nous pouvons donc dire que l’équilibre financier de certaines structures est conditionné, en partie du moins, à un mauvais comportement de paiement, jusque dans son business model. Et la nécessité de bouleverser cet équilibre peut amener l’entreprise à un risque de défaillance voire une défaillance. En effet, certaines entreprises ne trouvent plus de crédit disponible chez les fournisseurs et ne vont pas le trouver ailleurs. Leur activité repose sur ce crédit et elles se retrouvent incapables de modifier leurs habitudes.

Notre analyse trouve un parallèle criant avec  la position de Tim Miller et Sarongrat Wongsaroj dans leur étude commandée par SAGE (« Retards de paiement : quelles conséquences ? », Plum Consulting London LLP, 2017)

« D’après notre étude, il semblerait que les retards de paiement soient motivés par une culture d’entreprise globale. Les payeurs ne semblent pas avoir conscience de l’importance de payer dans les délais, ce qui est démontré par le fait qu’ils ne donnent souvent aucune explication à leur retard lorsque le paiement arrive. Du côté des fournisseurs, le facteur principal qui les empêche de réclamer leurs paiements en retard est la volonté de préserver la relation avec leurs clients. »

Il y a une culture des retards de paiement, celle-ci se retrouve dans la conception de certains business models, certains ne résisteront pas à une lourde condamnation au changement par les institutions.

Qu’est-ce que la culture des retards de paiement ?

Si la cause est culturelle, il faut alors comprendre quelles sont les caractéristiques du contexte qui a conduit à une telle culture. Ce qui est culturel n’est pas forcément volontaire et peut être le fruit de plusieurs facteurs déterminants.

Le cabinet Plum a identifié dans son étude de novembre 2017 (précitée) deux ensembles de facteurs qui contribuent  à la persistance des retards de paiement :

  1. les facteurs qui conduisent le créancier à ne pas réclamer les retards de paiement
  2. les facteurs qui conduisent le débiteur à ne pas payer la facture

Quel que soit le pays, quel que soit le continent…

D’une part,

  • le créancier a peur de ruiner la relation avec son client
  • le créancier manque de personnel
  • le personnel du créancier manque de temps

D’autre part,

  • la majorité des débiteurs à travers le monde n’ont aucune excuse identifiée pour justifier un retard de paiement
  • les débiteurs affirment avoir payé et que les paiement sont en attentes ou assument ne payer que sur certaines périodes (mais sont tout de même en retard.

Comment lutter contre la culture des retards de paiement ?

En France, pour répondre à cette problématique, la loi encadre les délais de paiement. Avec des pénalités automatiques et des sanctions pénales à la clef en cas d’infraction. Pourtant, les retards de paiement restent accrochés aux 16 milliards d’euros chaque année.

Le service de la médiation des entreprises est un service national placé auprès du ministre de l’Économie français, il vient en aide à toute entreprise, organisation publique ou privée qui rencontre des difficultés dans ses relations commerciales avec un partenaire.

Les professionnels du recouvrement et les prestataires en gestion du poste client peuvent répondre aux besoins historiques. Mais alors que ces professionnels arrivent à résoudre, à leur échelle, les problématiques rencontrées par leurs clients, la situation globale ne varie que de peu chaque année en France et sur le globe en sa totalité.

GOODPayeur ® est justement une solution globale qui s’attaque à la problématique des retards de paiement sous un nouvel angle. Sous la forme d’un site d’avis, de scoring des comportements de paiement, d’indicateur RSE, de label, GOODPayeur ® incite les clients à payer les factures dans le respect des délais de paiement en :

  1. Préservant la relation commerciale
  2. Préservant le temps du personnel
  3. Sans nécessiter une embauche de personnel avec des compétences spécifiques

GOODPayeur ® donne accès au comportement de paiement des entreprises et simplifie la compréhension de ces données.

GOODPayeur ® relance automatiquement vos clients, simplement et sans les vexer.

GOODPayeur ® est un label qui permet à votre entreprise de se distinguer à travers le score GOODPayeur ®, un indicateur RSE, favorisant l’image d’une structure sur le long terme.

GOODPayeur ® est une solution culturelle à un problème culturel.

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