Retour sur l’édition 2019 des Assises des délais de paiement

Ce mardi 28 janvier 2020 aura lieu à Paris la cérémonie de révélation du programme de la 7° édition des Assises des délais de paiement, qui auront lieu le 25 juin au siège du MEDEF, qui seront ensuite déclinée en une deuxième édition régionale à Nantes en septembre.

Cet événement, parrainé par le ministère de l’Économie et des Finances, a pour but de sensibiliser les entrepreneurs français au problème manifeste que sont les délais de paiement au sein de l’hexagone. En effet, d’après le Médiateur des entreprises, une défaillance sur quatre serait imputable aux retards de paiement. Les PME, catégorie la plus lourdement affectée par ce genre de pratiques, sont attendues en grand nombre pour cette septième édition. Afin d’aider les participants à appréhender de manière raisonnée les délais de paiement, les intervenants de ces Assises leur fourniront un ensemble de méthodes permettant une meilleure gestion du problème. De plus, les entreprises partageront les unes avec les autres leurs expériences et leurs méthodes et discuteront celles-ci autour de tables rondes, s’engageant ainsi dans une forme d’audit mutuel et collaboratif. De la sorte, ce rassemblement sert la démocratisation des bonnes pratiques en matière de comportement de paiement qui, si adoptées par le plus grand nombre, ouvriraient la porte à un climat des affaires plus que favorable et dont le risque serait faible. Par là même, la confiance des investisseurs s’en trouverait renforcée et le niveau d’investissement serait donc revu à la hausse.

 

ÉDITION 2019 : ÉTAT DES LIEUX ET TOUR D’HORIZON DES BONNES PRATIQUES

La 6° édition des Assises des délais de paiement, organisée l’année dernière, a été animée par trois événements majeurs : un état de lieux des délais de paiement en France, puis une table ronde sur l’amélioration des relations clients/fournisseurs et enfin une discussion des bonnes et mauvaises pratiques en matière de comportement de paiement.

La matinée a commencé par un état des lieux des délais de paiement pratiqués en France. Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire des délais de paiement a noté une baisse des délais suite à l’introduction en 2008 de la LME. De plus, Mme Prost a indiqué que la disparité entre les comportements de paiement des grandes et des petites structures reste conséquente, les dernières étant de meilleures élèves que les premières. Thierry Million, directeur des études Altares, a toutefois nuancé ces propos. En effet, si les délais de paiement ont connu une tendance baissière après l’entrée en vigueur de la LME, le printemps 2017 a été marqué par le début d’une inversion de la courbe avec une reprise de la hausse des délais. Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises, a quant à lui insisté sur l’importance non pas seulement des sanctions mais aussi des méthodes d’incitation positive telles que les chartes et labels identifiant les organismes faisant montre de comportements vertueux. Le Vice-Président   de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Jean-Noël Barrot, est venu clore cette première table ronde en rappelant les dispositions de la loi PACTE, notamment en matière de trésorerie d’entreprise.

La deuxième table ronde, consacrée à la fluidification des relations clients/fournisseurs, a été ouverte par Laurent Playez, directeur commercial chez American Express, qui a exposé les méthodes d’évaluation qu’emploie l’entreprise pour identifier les meilleures pratiques au niveau mondial. Chantal Lallet, directrice marketing chez BNP Paribas Factor, a ensuite abordé la thématique des solutions d’affacturage concernant, notamment, le secteur de l’e-commerce, lequel subit continuellement des évolutions du fait de son jeune âge. La mobilisation de tels outils permettrait non seulement un gain de temps considérable sur le volet administratif mais également plus de souplesse pour les trésoreries d’entreprise, tout en participant de la démarcation d’une entreprise par rapport à ses concurrents. Thomas Honegger, directeur de la filiale française d’Esker, a donné suite au discours de Mme Lallet en exposant les solutions de dématérialisation de documents mises en place par Esker. Le Président de la DFCG Bruno de Laigue a conclu cette deuxième table ronde en rappelant que les crédits à moyen terme proposés par les banques disposaient de taux intéressants et pouvait donc faire office de solution temporaire aux tensions auxquelles les retards de paiement soumettent les trésoreries d’entreprise.

Enfin, la troisième et dernière table ronde s’est articulée autour du thème des bonnes pratiques de paiement. Le CEO et fondateur de la société Sidetrade Olivier Novasque a ouvert la discussion en exposant les conclusions tirées du baromètre que Sidetrade et la Médiation des entreprises ont construit de concert. Deux constats se sont distingués :

  • les créanciers montrent des réticences à relancer leurs débiteurs
  • 1 facture sur 6 est bloquée

Ces phénomènes affectent certains secteurs plus fortement que d’autres, le rapport pouvant parfois passer du simple au double. Anne Willart, vice-présidente de la FIGEC, a rappelé la distinction de deux types de mauvais payeurs : ceux contraints à de telles pratiques par leur faible marge de manœuvre financière et ceux employant les retards de paiement comme un outil structurant de leur stratégie d’entreprise. Virgine Murga a ensuite expliqué le rôle de la banque d’investissement publique BPI France, où elle occupe la position de Responsable de développement des produits court terme, qui propose des services de conseils et de formation. Pour corroborer la nécessité de sensibilisation à la thématique des comportements de paiement, François le Baccon, responsable des agences de recouvrement d’Euler-Hermès, a exposé les difficultés rencontrées lors de la construction d’un dossier de recouvrement robuste. Une analyse financière effectuée en amont de la ratification d’un contrat peut néanmoins aider à réduire le risque encouru en identifiant au préalable les potentielles fragilités d’un client. Stéphane Joby, associé chez KPMG, a complété cela en évoquant la complexité du processus d’achat. Selon M. Joby, l’automatisation de certains éléments représente une solution, à condition que cela soit fait de concert avec les humains derrières les machines, notamment par le biais du Lean Management. Enfin, Michel Dumon, trésorier adjoint de la CAPEB a conclu cette troisième table ronde en rappelant que la raison pour laquelle beaucoup d’artisans se refusent à relancer leurs clients réside dans la crainte de détériorer leur relation avec eux. Par ailleurs, M. Dumon explique la réticence de nombreux artisans à répondre à des appels d’offre publics par la mauvaise réputation de l’État en matière de délais de paiement.

Compte tenu de l’état actuel des délais de paiement et des actions mises en œuvre par l’État pour y remédier, la 7° édition des Assises des délais de paiement promet d’être des plus enrichissantes.

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